Le choix de la date de mariage : usages et superstition

Le 29 septembre 2010
Coutumes et croyances autour du choix de la date de mariage

 

De nos jours, la plupart des mariages sont organisés à la fin du printemps jusqu'au début de l'été pour profiter d'une météo ensoleillée et déboucher agréablement sur une période de vacances bien méritées. Les unions se célèbrent en général le samedi après-midi pour pouvoir enchaîner directement avec la réception en soirée. Toutefois, il n'en a pas toujours été ainsi... 

Dans la France rurale d'autrefois, il y avait à la fois des impératifs liés à la vie agricole et des superstitions qui dictaient précisément les mois propices ou non à un mariage heureux. Le choix du jour n'était pas non plus laissé au hasard et variait selon les régions. C'est pourquoi nous vous proposons de faire un petit tour d'horizon des croyances anciennes liées aux choix de la date du mariage, qui pensait-on, garantissaient un hymen sous les meilleurs auspices.

Date de mariage : quel mois se marier ?

Date de mariage en été ou hiver ?

Dans une France majoritairement rurale, on évitait d'organiser les mariages durant les périodes de gros travaux agricoles. Par exemple, la moisson et les vendanges. Tout le village était affairé à la tâche, ce n'était pas le moment d'aller guincher... D'ailleurs, un dicton en Lorraine était on ne peut plus clair sur le sujet : "Ceux qui se marient en août ne ramassent point de sous". C'est dit !

A l'époque, on privilégiait donc l'hiver ou les mois où les travaux des champs étaient terminés. Aujourd'hui, les mariages en hiver voient un regain d'intérêt. La raison de cette tendance n'est bien évidemment pas de nature agricole. C'est plutôt un choix lié au charme qu'évoque cette saison, mais aussi à une baisse significative des tarifs des prestataires mariage durant cette période.

Date de mariage et calendrier des fêtes religieuses

Autrefois, on évitait également de se marier pendant les périodes de fêtes religieuses où l'humeur était plutôt au recueillement et à la pénitence : par exemple pendant le Carême (entre mars et avril) et l'Avent (de fin novembre à début janvier). Les grands jours de fête, les curés étaient très sollicités, ils ne pouvaient donc pas assurer les mariages à ces dates.

La malédiction du mois de mai

Dans plusieurs régions de France, il ne fait pas bon se marier en mai. On retrouve cet interdit déjà dans l'Antiquité Mariée sous la pluie avec son parapluiechez le poète Ovide. Toutefois, la raison la plus souvent invoquée pour ce refus du mois de mai est qu'il est traditionnellement consacré à la Vierge... Du coup, consommer son mariage ce mois précis n'est peut-être pas vu d'un très bon œil.

C'est pourquoi, dans les régions du Sud on retrouve certains dictons qui maudissent le mois de mai :

  • "Noces de mai ne vont jamais"
  • "Méchante femme s'épouse en mai"
  • "Mariages de mai ne fleurissent jamais"
  • "Mariage au mois des fleurs, mariage en pleurs"

Autre anecdote cocasse. Dans le Berry, on évite le mois de mai car c'est la période des amours chez les ânes. On dit alors qu'un enfant né d'une union au mois de mai risque de naître "beurdin", c'est-à-dire simplet.

Mariés du mois de mai, toutefois, rassurez-vous ! La sagesse populaire ne dit-elle pas aussi : " En mai, fait ce qu'il te plaît..." ?

Le choix du jour et de l'heure du mariage

Calendrier et date du mariage

Selon la coutume, quel jour se marier ?

Alors qu'aujourd'hui on se marie le plus souvent le samedi ou le dimanche pour les mariages juifs, autrefois on se mariait plus souvent le mardi, et jamais le vendredi, jour de la mort du Christ.

Chaque localité ou presque possède son propre avis sur les jours censés porter malheur. Toutefois le jeudi semble concentrer les interdits. A Saint-Agrève, en Ardèche, on dit que si vous vous mariez un jeudi, à la fin de l'année, l'un de vous est dans la tombe. Tandis que dans le Centre, on surnomme les cocus les "Jean-Jeudi". On comprend naturellement pourquoi ce jour n'est pas très populaire.

Selon la coutume, à quel horaire se marier ?

Jadis, on se mariait également plutôt le matin. Ce qui permettait de faire bonne chère à la fois le midi et le soir. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les mariages tenus le soir étaient réservés aux veuves ou aux mariées qui n'avaient pas fait preuve de la plus grande chasteté. Toutefois, dans certaines villes, des mariages nocturnes éclairés aux flambeaux étaient célébrés dans l'aristocratie.


Pour conclure ce petit tour d'horizon lié aux superstitions autour de la date du mariage, j'ai bien aussi envie de finir par un petit dicton : "Ne soyez pas superstitieux, ça porte malheur"...

Source : Le Mariage et ses rites d'hier à aujourd'hui chez Archives&Culture

Partagez l'article