Pièce montée de mariage : la petite histoire

Le 2 avril 2012
Traditions

Il faut attendre la fin du XIXème siècle pour qu'apparaissent les imposantes pièces montées à l'origine de celles que nous connaissons aujourd'hui. Le sucre, une denrée encore rare à l'époque, était synonyme de bonheur et de prospérité pour les jeunes mariés qui partageaient leur dessert avec leurs invités dans un geste de communion. Les filles à marier repartaient des festivités avec une part du gâteau dans l'espoir qu'il leur porterait chance pour une union future.

Du Croquembouche à la pièce montée

Le Croque-en-bouche appelé plus tard Croquembouche en un seul mot, est une pâtisserie imaginée par le chef français Antonin Carême (1783-1833). A l'origine, c'est une pyramide de fruits, de noix ou de marrons glacés assemblés avec du caramel. Ce dessert fut servi la première fois à la table du prince Berthier. Au début du XXème siècle, les fruits glacés au caramel furent abandonnés au profit des choux à la crème pour cette sensation si agréable de croquant puis de moelleux.

Croquembouches d'Antonin Carême

Pierre Lacam, pâtissier françaisPierre Lacam (1836-1902), illustre pâtissier et glacier de Charles III, Prince de Monaco, s'inspire plus tard des Croquembouches de Carême pour créer la pièce montée, le gâteau de mariage par excellence ! Impressionnante, majestueuse, la pièce montée consiste à superposer plusieurs gâteaux ou à réaliser une construction pâtissière très élaborée. C'est bien souvent le clou d'une réception de mariage comme en témoigne cette célèbre description extraite de Madame Bovary :

« On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses, et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base d'abord, c'était un carré de carton bleu figurant un temple, avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré ; puis, se tenait au second étage, un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angéliques, amandes, raisins secs, quartiers d'orange, et enfin, sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en écalles de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturelle, en guise de boules, au sommet. » - Gustave Flaubert, 1857.

DIY Faire soi-même sa pièce montée

Autre source : Le Mariage et ses rites d'hier à aujourd'hui chez Archives&Culture

 

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